Les étudiants Algériens ne connaissent presque rien des moyens de transmission du Sida. En effet, à peine « 2,9% des jeunes universitaires maîtrisent à la fois toutes les connaissances relatives à la transmission du virus du VIH/SIDA, tout en rejetant les fausses idées liées à ce fléau », signalent des chercheurs qui ont réalisé une enquête nationale à ce sujet en milieu universitaire.
Menée auprès d’un échantillon représentatif de 1.798 étudiants des deux sexes, cette étude a été présentée mardi à l’Institut national de santé publique situé à Alger.
Et lors de la présentation des résultats de cette enquête, Toudeft Fadéla du CHU de Tizi-Ouzou a révélé que »toutes les études et enquêtes sur ce fléau, menées en Algérie sur cette tranche de la population depuis 1990, ont montré une diminution de l’âge au premier rapport sexuel, notamment chez les filles ».
Cependant, l’étude actuelle a conclu que « 11% des étudiants ont des rapports sexuels avant l’âge de 15 ans et plus de la moitié déclarent ne pas se protéger lors des rapports sexuels ». C’est dire donc que les jeunes Algériens prennent énormément de risques lorsqu’ils s’adonnent à des relations sexuelles sans aucune protection.
D’autre part, leurs connaissances sur le SIDA et ses moyens de transmissions sont si primaires qu’ils risquent d’être facilement contaminés par le virus VIH, soulignent ces chercheurs qui réclament la mise en oeuvre d’un projet national de prévention et de sensibilisation laquelle facilitera l’accès aux jeunes à l’information sur cette terrible maladie.
Les médecins appellent également à la promotion du dépistage volontaire et gratuit auprès des jeunes universitaires. Seule cette stratégie permettra de sensibiliser les jeunes étudiants sur les dangers du SIDA et d’endiguer son développement alarmant dans notre pays.
Rappelons enfin que l’objectif de cette enquête est de mettre l »a lumière sur les connaissances, attitudes et comportements des jeunes universitaires concernant l’infection au VIH/SIDA », précisent ses auteurs. Financée conjointement par les ambassades des Pays-Bas et de France, cette étude a bénéficié également de l’appui technique de l’ONUSIDA.