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Nouvelle demande de déclassification de documents sur les moines de Tibehirine

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Jeudi, octobre 21, 2010, 18:11
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Nouvelle demande de déclassification de documents sur les moines de Tibehirine
Le juge d’instruction français Marc Trévidic a demandé la déclassification de documents, en particulier de notes émises par le général Philippe Rondot, dans l’enquête sur la mort en 1996 en Algérie des moines de Tibehirine, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier.

Le juge a formulé cette demande « la semaine dernière » auprès du ministère de la Défense, selon cette source.

Cette demande de déclassification concerne notamment l’ensemble des rapports émis par le général Rondot, alors chargé de mission à la direction des services de contre-espionnage français (DST) et en contact étroit avec le général Smaïn Lamari, patron de la Direction du contre-espionnage algérien (DCE).

Cette demande fait suite à l’audition comme témoin le 27 septembre du général Rondot, au cours de laquelle il a désigné le Groupe islamique armé (GIA) comme responsable de l’enlèvement et la mort des moines au printemps 1996.

Il revient maintenant au ministre de la Défense Hervé Morin de saisir la Commission consultative du secret de la Défense nationale (CCSDN) pour qu’elle donne sur ces déclassifications un avis que le ministre est libre de suivre ou non.

La quasi-totalité des avis de cette commission a été suivie par les ministres concernés.

Le ministre de la Défense avait déjà déclassifié en novembre 2009 quelques 68 documents de son ministère relatifs à cette enquête, qui s’est orientée depuis un an sur la piste d’une « bavure » de l’armée algérienne.

La sortie du film Des Hommes et des Dieux, de Xavier Beauvois, qui évoque les trois dernières années de la vie des moines trappistes du monastère de Tibéhirine, jusqu’à leur assassinat en 1996, donne l’occasion de revenir sur les circonstances de ce massacre, qui avait suscité une forte émotion à l’époque.

Dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, à 1 h 15, une vingtaine de personnes pénètrent de force dans l’enceinte du monastère, où ils enlèvent sept moines. Deux membres de la communauté, qui dormaient dans une autre partie du monastère, échappent aux ravisseurs.

Fondé en 1938, le monastère trappiste de Tibéhirine est situé au cœur des montagnes de l’Atlas, dans la région de Médéa, à 90 kilomètres au sud d’Alger. Très intégrés et proches de la population à laquelle ils apportent notamment une aide médicale, les moines se consacraient à la prière et vivaient du travail de la terre.

L’enlèvement des religieux français est revendiqué le 18 avril par Djamel Zitouni, chef du Groupe islamique armé (GIA). Dans un communiqué, les terroristes assurent que les moines sont toujours vivants et proposent de les relâcher en échange de la libération d’islamistes emprisonnés en Algérie.

Le 30 avril, un envoyé des ravisseurs se présente au consulat de France à Alger et livre une cassette audio dans laquelle l’un des moines, Christian de Chergé (le prieur de la communauté), dit notamment : « Il est demandé au gouvernement français de libérer un certain nombre d’otages appartenant à ce groupe en échange de notre libération, cet échange semblant être une condition absolue. »

En France, deux filières s’activent pour mener les négociations : d’un côté, la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), à la demande du premier ministre de l’époque, Alain Juppé ; de l’autre, Jean-Charles Marchiani, sollicité par le ministre de l’intérieur d’alors, Charles Pasqua, pour se rapprocher du renseignement militaire algérien. Mais début mai, Alain Juppé désavoue officiellement le groupe Marchiani et lui demande de cesser « toute tractation relative aux moines de Tibéhirine ».

Le 21 mai, un communiqué attribué au GIA annonce la mort des moines, rendant « le président français et son ministre des affaires étrangères » responsables de la rupture des négociations et donc de l’exécution. « Nous avons tranché la gorge des sept moines, conformément à nos promesses », est-il écrit. Neuf jours plus tard, le gouvernement algérien annonce la découverte des dépouilles des moines, sur le bord d’une route, près de Médéa. Le Père Armand Veilleux, procureur général de l’ordre cistercien, auquel les moines appartenaient, exige de voir les corps et constate alors que seules les têtes des moines ont été retrouvées.


Source : AFP

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